Saint Sylvestre 2003. Martial habite ou chez moi ou chez son sugar daddy. Je ne crois pas qu’ils baisent. Les messieurs trop mûrs sont prêts à tout supporter, je crois. Cette vieille pédale est sans intérêt. Jalouse, bien sûr. Passionnée de trains électriques.
Son appartement dans le quinzième arrondissement est grand. Vraiment pas plaisant.
Martial a décidé que nous passerions le réveillon là. L’hôte sera en province, chez sa fille. Je prends cela pour une simple commodité. Suis heureux que mes amis soient invités. Pour faire de la place dans le séjour, nous devons déplacer l’espèce de plateau-paysage où passent les petits trains lorsque la chose est branchée. Nous ne sommes pas censés y toucher. Quelques éléments se barrent. Ça ne me regarde pas. Mon mec n’y prête aucune attention.
La soirée se passe.
J’ai apporté mon iMac.
C’est pour la playlist musicale. Nous sommes une bonne dizaine. Martial a invité un ami. Octavien est venu avec son nouveau mec. Je crois. Je l’aime bien. Il donne l’impression d’être sexuellement curieux. Plus open que le précédent, pas non plus franchement libéré. Je ne comprends pas mon ami, dont je connais les rêves de baise sans tabou. Choisir de plus jeunes pousses, ok. Pourquoi si coincées ?
Ce n’est pas encore mon affaire.
Martial est cool, ce soir. Je sais qu’à un moment nous passerons du temps dans une chambre. Avec son invité. Si je ne me trompe, le nouveau mec d’Octavien passe un peu de temps, réjoui, à mater. C’est comme ça. Le petit monde hétéro, à côté, mes amis à moi, s’amuse de deviner que quelque chose se passe.
Retour dans le séjour. Tout le monde danse. L’alcool coule. Les sourires sont de la fête.
Je profite.
Des voix féminines se font plus présentes que la musique. Soudain. Des rires. Des airs mimétiques de scandale. Je me retourne.
L’écran de mon ordinateur est en train d’égrener en mode diaporama tout le dossier des photos de moi en chiennasse. Moi qui biberonne. Moi qui ouvre grand les jambes. Moi qui bande. Mon cul empalé. Octavien est hilare. Il est le photographe. Il sait où je range les pics. Il n’a rien trouvé de plus drôle que d’en faire mon écran de veille.
Les gens adorent les petites lopes de mon espèce. Elles leur permettent de vivre du par procuration no limit. Je n’avais pas particulièrement prévu de montrer tout ça. Ça ne me dérange pas non plus. Ma life de dévergondée n’est pas secrète.
Octavien prend avec moi les libertés qu’il se refuse. Il est pervers.
Ne se rend pas compte. Ou s’en moque.
I don’t really know.
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