Taste, smell and touch

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TASTE, SMELL AND TOUCH [teɪst smɛl ənd tʌtʃ] — loc. nom. m. De l’anglais taste (« goût »), smell (« odeur ») et touch (« toucher »). Inscription d’un lieu, d’un objet ou d’un événement dans la chair du sujet à travers les sens gustatif, olfactif et tactile. Par extension : manière d’appréhender le réel par ce qui émane des choses, avant même toute dénomination de celles-ci.

Il y a des hortensias et des thuyas. Ces derniers surtout, sur le chemin de la plage. Les premiers ornent les jardinets de devant les maisons basses. Les conifères, eux, odorifèrent. J’ai passé une vie à croire qu’ils étaient des troènes. Bon dieu(x), je suis nul en plantes.

Peu importe l’espèce, ce qui joue est ce qu’elle dégage.

Je me dis que les haies de ce type sont légion mais pour moi elles sont la Bretagne. Trégastel.

Le sentier sablonneux menant à la Grève blanche. Le sol et l’air parfumé.

Pour aller à l’aquarium, il faut ajouter quelques rochers de granit.

À Trégastel, le granit n’est pas toujours rose. Plutôt gris. Comme les crevettes. J’adore les vitres où s’affichent les poissons de couleur. Les crabes et araignées de mer.

Et le Père éternel. La statuaire est marine. Solide et simple. La localité agit encore de la sorte. Pile au croisement des temps anciens et de celui du tourisme de masse. J’ai de la chance. La silhouette christique me paraît bien plus belle qu’elle n’est. Je la préfère dans ma tête. Elle triche. Tout est ici granit, mais pas elle. Pourtant, je la pense grise et rugueuse.

Je la confonds. Pas très loin, dans la région, des blocs de roche sont taillés en figures d’allure mythologique. Les courants d’air maritime iodé sont mythologiques.

Le paysage me prédispose.

À courir sur les bords de plages faits d’accumulation de pierres du pays, je tombe. M’écorche. Mange un BN. À la fraise. Ils ne sont pas bons, mais je les adore.

Le plus drôle est que je porte un petit slip de bain écru à feuille de vigne. Il me paraît assorti à ma chevelure de petit blond rieur. Et puis à ma bouée en forme de cygne. Je crois que je lui suce parfois le bec. À cause de la sensation molle et du goût encore moins stable du plastique. Surtout après le trempage dans l’eau de mer.

Les varechs que l’on ramasse me fascinent par l’effroi qu’ils inspirent, et puis par ces drôles de bulles qu’ils présentent par endroits. La couleur entre les premiers jaunes et le tout dernier noir qui puisse être. Cela finit par générer du brun. De temps en temps du vert.

Les avions publicitaires et les mouettes veillent à la synthèse de tout cela.

Avant la voiture, nous sommes venus ici en train et puis en bus. Je peux décrire les véhicules de la gare routière presque exactement. Le plus compliqué est de passer par des mots. Mes yeux, s’ils avaient le pouvoir de projeter, j’en ferais un diaporama. Et encore manqueraient les sons, les odeurs. Le sable comme s’il nous couvrait. Le mystère de cette mer qui pue tellement bon. Je peux dire les marinières.

Prédestination : être JPG. Problème : un con a eu l’idée avant. Juste le coup de chance de valoir plus en âge que moi, je dis.

Ah oui, et ces petits avions en plastique jaune munis d’ailes vertes et d’un fil relié à un dévidoir.

Pour ne pas me montrer invéridique, je suis contraint de préciser qu’alors le temps n’existait pas encore.

La Bretagne, c’est aussi avant Versailles.

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Publié par Barthélémy Lyssanjou

Auteur en cour de finition de son premier ouvrage — Blog balbutiant

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