Nous sommes le dimanche 19 avril 2026. Il n’y a pas encore de demain.
D’habitude, j’écris depuis l’après. Aujourd’hui pas. Je suis vraiment de ce jour. Pas la grande forme. J’ai mal dormi. Trop de vin rouge la veille. Je tente de retrouver une vie de lubricité tonique, fière et dépravée. Les médocs ont peut-être un peu poqué ça.
J’ai impérativement besoin d’intense.
Je hais cette époque qui balancerait mon très Divin marquis. Même les pratiquants de BDSM sont enuyeux. Souvent. Les autres sont rares.
Le porno, c’est le vrai. Ouais. Pan !
Et qu’est-ce que je m’emmerde. J’ai un époux qui sait tout de mon cerveau en ébullition. Au fond, mon jardin secret, il peut s’y promener à sa guise. Je le trouve un peu trop empêché. Ça me rend triste. Le truc n’est pas la frustration, mais l’inassouvissement de ce qui m’est vital.
Si seulement je croisais une matière sexuelle sans contamination sociétale.
Si seulement je rencontrais un corps conteur sans crainte de choquer ménagères et benêts.
Si seulement je tombais sur une main sachant lacérer par logique et tendresse.
Le progrès s’arrête quand on répand des cracks. Je crois la pornographie maltraitée. Ok par l’industrie, à laquelle les bégueules la condamnent. Surtout par la persistance du dédain de l’animal. La Belle et la Bête, et réciproquement, telle est l’idée que je me fais du X.
Les orientations sexuelles sont des lignes de chevaux de courses en compète. Rien à voir avec le charnel. Une classification aseptique. Quand on finit dans l’asexualité, ça dit tout.
Si t’aimes pas le cul, n’en dégoûte pas les autres. Hein ?
Le devoir conjugal, c’était débile — mais pire est la monogamie par principe.
Aujourd’hui, je déprime et j’ai peur. Le médecin qui nous suivait depuis dix ans à l’hôpital de Rodez s’en va vers d’autres horizons. Mon nouveau traitement psy ne porte pas encore tous ses effets. C’est interminable. Je rêve de magie. Et puis je manque de baise.
Un jour, j’ai fait mes comptes de petit apothicaire tordu : je dois avoir eu peut-être pas mal plus qu’un millier de partenaires. Peu d’ex. Beaucoup d’occases. Mais depuis la province, je me sens décédé. La libido y est mal aimée. Je trouve.
Immense tristesse. Angoisse. Le cul a toujours soigné mes angoisses.
Suis convaincu que la forme qu’a prise mon agoraphobie est liée au manque.
Il est 9 h 47. J’ai grave l’envie de chialer mode sous-race. J’ai rebesoin de prendre une drogue.
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