La cour d’école cesse d’en être une après la primaire. Je suis au CM1 ou 2, cela finit bientôt. Quelques élèves devraient déjà être passés de l’autre côté. Et là, je me retrouve assis sur le long banc de bois vermoulu du préau face à Joni.
Il est plus âgé. Plus géant aussi. Le duvet déjà marqué. Cheveux frisés. Brun. Veste en jean.
Je ne suis jamais d’aucune bagarre. Ça vient des-parents. Interdit formel. J’ai trop digéré.
Ça m’est arrivé une seule fois, avec une fille. Une Nora, qui ne m’a pas laissé avoir le dessus. Je n’avais pas commencé. Il est impensable que je me livre au moindre geste de violence. La procédure pour y parvenir m’est physiquement étrangère. Joni et moi sommes entrés en conflit. Je ne suis tout de même pas du style à me laisser faire. Normalement, je négocie. Lui, c’est le contraire. Il m’empoigne.
Je ne peux avoir le dessus. Une issue : animale. Je me jette sur le premier espace de peau accessible et niaque. Serre. Pas une défaite ; en rien une victoire. On nous sépare.
Face à la violence d’autrui, y a-t-il toujours un truc à faire de mieux que de se défendre ?
La violence engendre etc. Nous le savons. Ceci dit, la non-violence…
Moi, ce que j’en dis ! Après tout…
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