Hiéropornolagnie

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HIÉROPORNOLAGNIE [je.ʁo.pɔʁ.nɔ.la.ɲi] — n. f. Du grec ἱερός (« sacré »), πορνεία (« prostitution ») et λαγνεία (« désir ardent »). Expression du désir par laquelle l’érotisme explicite devient moteur d’élévation et de transfiguration, orientant la pulsion vers une intensité supérieure du sens. Par extension : attraction pour des figures, images ou récits où la chair offerte agit comme seuil vers le sacré, nouant excitation, ferveur et orientation ascendante en une même tension vive.

Je lis une bande dessinée sur François d’Assise. Ne connais encore que son nom. Pas l’histoire. Rien d’autre. J’aime tant la vie des figures communes et hors du commun. Je bascule en lui, en une image. Il suffit de ce rectangle de dessin pour enfant. Encore. Flamboyant. L’homme est de dos. Sa droiture. Face aux autorités religieuses en assemblée, dénudé, ce sont elles qui voient le sexe. Défi. Impudeur. Souveraineté.

Son corps brut aux hanches soulignant sa jeunesse. Signe d’humilité.

Sa nudité est un don. Je la reçois.

La pornographie est dans le regard, en ceux qui. Pas dans les supports. Rien à censurer. Ici, l’image n’est pas pour adultes. Mon trouble est savoureux.

Tellement que je l’accueille sans une once d’interrogation. Suis nature.

La sainteté, je la pressens à la manière d’un dévêtement. Non choix de la pauvreté, et puis ce serait tout. Non. Pas que. Une fascinante faculté à vivre sans peaux aucunes. Rien d’une vertu.

Du bien plus haut et intense que cela. Lien entre Aristote, la folie et les oiseaux.

L’iconographie franciscaine. Chrétienne.

L’histoire de l’art est très amplement passée à côté de cette scène de la dénudation. Pas moi. Je n’ai pas déjà d’érections. Juste mes teintes lâchées en nuées d’insectes évadés de cocons qui me chatouillent l’en-dedans, depuis le bas.

Je saisis que le masculin est décidément aussi doux au regard que le féminin.

Sobriété rassurante. Tension vers les cieux. Je deviens compagnon de route de saint François.

À la façon d’un garçon qui sent que son heure est en train d’approcher. Que ce n’est pas gagné, bien sûr. Que le temps se fait allié. J’ignore encore tout de Giotto, de Pasolini.

Des liens entre l’esprit de réforme de cet homme et le mien. Tout.

Le fraternel.

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