Fin fond de ma brume, mes besoins anatomiques de l’en-bas n’ont en aucun cas l’intention de marquer une parenthèse. Au contraire. Plus je, plus je.
La plupart des plans se font désormais à domicile. Je reçois en travelot ridicule. Les yeux bandés, le fion dirigé de façon pratique vers l’entrée. La porte est entrouverte. Les mecs doivent entrer, se vidanger et se barrer sans que je ne voie rien. Le rite se répète, la répétition se ritualise. Ça agit du mieux que cela peut. La relation est à tout prix réduite au strictly minimally acceptable. Zou. Des teubs. Du sperme. Et ça dégage.
Un soir où aucun mâle ne se décide, suis occupé à mater une émission à la con où un partisan de l’abolition de la prostitution radote. Je hausse les épaules et bande. Me souviens soudain que j’habite à vingt minutes à pied du bois de Vincennes où ça transactionne.
Allez, élan vital, saut au distributeur. Je cherche un peu. Première auto repérée. Une sorte de Kangoo calfeutré. Une magnifique vieille pute à nibards colossaux me parle comme à un petit garçon. Je monte. Me déculotte. Elle s’allonge, s’ouvre, sourit et dit :
— Allez, viens te mettre chaud, mon chéri.
De là, je repars avec une infinie gratitude pour cette femme aux rondeurs si idoines à mon état du moment et un supplément d’âme. Le sentiment d’avoir esquissé un pas de plus hors de toutes les niaiseries polluantes. Quasi post-vérité, même si le terme n’est pas encore médiatisé.
En tout cas, post-réel. Je veux un monde de viande productrice de.
J’étais grave en pénurie de vulve humide et rieuse.
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