Je me pose. Sur le fauteuil. Le fauteuil jaune. Le fauteuil est jaune.
La matinée avancée — plus une douche — a échoué à chasser le sommeil. Le pyjama est propre. Le café n’a pas eu le temps de refroidir ; la playlist déclenche l’afflux des pensées.
Tout a sa musique : lire, boire, vivre en gay. Les rituels m’apaisent.
J’écris, ou plutôt dicte. Puis écris, ou alors de ce fait réécris. N’ai jamais été partisan du geste. Mon écriture est quasi dégénérative, mon immaîtrise constitutive ; saisir le torrent de mes idées est une gageure ; la technologie me déshandicape.
Je respire. Me tords les doigts. Sue.
Conserve mes ratés, si les réussis.
À coups de phonème, je compose — artiste concret des mots, fauteuil jaune et bon son. Je suis ruthénois, je vais chez le psychiatre une fois par mois. Je prends mes cachets.
Rien n’est prémédité ! Rien n’est improvisé !
Seule joue la pulsion : j’écrirai, nu, sur le bas-ventre. Une volière. Des papillons. N’épargnerai rien au lecteur. Le réel me passionne ; je ne mentirai pas, ni ne dirai la vérité.
J’écris sur l’homme qui écrit sur l’homme qui écrit sur l’homme !
Mon corps résume.
Ma pensée ? Une humeur de plus. La sémantique se révèle digestive. Jusqu’à la défécation. Les grandes théories me sont hostiles, le métabolisme suffit. La spontanéité côtoie ma psychorigidité. Cadavérique. Ma vision latérale fantasque laisse le bleu ni clair ni foncé d’un canapé, le pastel vieillot d’un faux siège de vrai château en Espagne, le rouge d’une étagère à huit cases, le tapis plastique répondre à la prédominance du jaune.
Les choses ne doivent pas aller avec les choses.
Je travaille.
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