Quaint essence

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QUAINT ESSENCE [kwɛ̃.t‿e.sɑ̃s] — n. f. De l’angl. quaint (« pittoresque, singulier ») et essence (« substance, caractère fondamental »). Arome discret d’un lieu, fait de ses sons familiers, de ses architectures décalées et de ses rituels minuscules, qui ne se révèle qu’à ceux qui s’y attachent sans ironie. Par extension : ce qui, dans l’atmosphère d’une ville ou d’un quartier, résiste aux clichés par sa simple persistance.

« J’aime Tourcoing, j’aime ce petit coin. »

Il n’est pas coutume de le dire. La ville ne possède guère l’aura d’une cité des bords de l’Atlantique ou des contreforts pré-alpins. Certes. Et puis le pékin d’ailleurs en France dira : mine de charbon et chômage et absence de soleil, même si le bassin houiller se situe assez loin de là. La cité du Brouteux est, ceci dit, charmante. Peut-être convient-il pour le voir d’être de droite. Je veux dire : ne pas conspuer le bourgeois.

Saint-Christophe, prie pour moi.

L’église néogothique du centre est sacrément bien assortie avec l’hôtel de ville — bâtiment calqué sur un pavillon du Louvre parisien. Et le carillon.

Toutes les heures il sonne.

« J’aime Tourcoing, j’aime ce petit coin. »

Je suis familier de sa mélodie. Elle accompagne la gare routière sur le flanc nord — en toute logique — de la nef noircie de fumée de Saint-Christophe. Et puis, de l’autre côté, de la rue, sur la place, la drôle de bâtisse, peinte en gris, qui sert de kiosque à journaux, où un drôle de bonhomme m’offre toujours un Carambar.

« J’aime Tourcoing, j’aime ce petit coin. »

Un jour, tout ça changera. Tant pis.

Les Carambars aux fruits ne sont pas très bons.


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