Cela commence par une carte. Elle se déploie en trois volets. D’un côté, le portrait de François Ier. Clouet. De l’autre, un arbre. Un de l’espèce généalogique. Lignées de rois de France.
J’ai grandi, récemment vieilli, avec l’obsession du trait.
Restauration est déjà mon nom. Veux côtoyer les monarques.
Les-parents disent que ça n’arrivera pas. Ce n’est tout simplement pas logique. Ils disent que si je descendais des rois, je le saurais. Sauf qu’un roi, ça couche, non ?
Et pas qu’avec des grandes dames. L’ancillaire, ce n’est pas pour les chiens. Suis pragmatique. Me contente des faits. L’engrossement d’une fille de cuisine derrière une porte est chose probable.
Eh bien, je serai issu de coït royal. Pourquoi pas ?
Je n’ai pas dix ans, mais le monde m’intéresse plus et mieux s’il est de ce côté-ci de l’Oural. Suis européen. Plus que français. À cause des dynasties. Et puis des arts. Suis de cette sorte. Héritier d’une Histoire.
Les adultes pensent les enfants creux et vides. Et nous. Ben, nous sommes débordants. Suis ça. Une profusion. Une circulation.
Des montagnes de raisonnements.
François d’Angoulême, fils de Louise de Savoie, frère de Marguerite, est mon alter ego désiré. Pourpoint écru et blanc, soyeux, en tout cas miroitant. Main fine et ferme. Confiant.
« Bien fol qui s’y fie. »
J’aborde les histoires par la généalogie. Ça évite de réduire. Génère des regards anticontemporains — ça, bien sûr, je n’en sais encore rien — par avance immunisés contre le tordu sorti des appendicites de sociologues. J’en suis presque en train de crever, à force de n’avoir jamais pouvoir de résurrection des défunts. Embrasser le tout par la partie. Je veux connaître.
De tout cela, je suis. Ici ou là.
Rosace humaine.
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