Suis un auditeur de contes qui n’a pas cinq ans. J’aime la peur. La cruauté. Limite psychopathe, pourraient dire quelques accros au niais. Aucune histoire n’est pour enfants si elle est morale.
À l’école, une copine déjà très pieuse n’arrête pas de vouloir tout qualifier ce que je dis ou fais de « pas bien ». Moi, j’aime quand ça gratte. Poule rousse est mon livre de chevet. Avalée par le sac, elle s’en sort plutôt bien. Jonas en gallinacé. La plongée en réclusion. Ça agit sur mon cerveau, c’est clair. Le cerveau du bide. Mais…
Ce n’est qu’une histoire. Je le sais parfaitement. Est-ce qu’un vrai volatile se trimbalerait partout avec un nécessaire à couture ? Et puis, franchement, je serais bien incapable de vouloir pour le renard ce sort atroce qui l’attend à la fin, si je me persuadais que tout cela n’est pas imaginaire.
Rien là ne m’édifie. Des jalons se posent. Dont je ferai ce que je voudrai dès que j’en aurai l’âge.
Ce n’est pas exactement la même chose.
Le truc des premiers livres est que quelques adultes benêts peuvent bien se persuader qu’ils ont une mission en les écrivant, les matières grises et blanches des enfants en feront toujours tout autre chose.
Aucune cervelle ne se modèle. Il y a toujours moyen de sortir des emprises.
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