Samedi. Un 21 octobre. 2006, pour être vrai. Je baise avec un Jean-François que j’ai déjà vu quelques fois. Il est assez taré dans le genre. C’est cool. Il habite Montreuil. J’ai passé du temps là-bas. Ce soir, il s’est déplacé.
En cours d’assauts, je crois que l’on ne s’amuse pas encore assez. Nous décidons de recruter.
Sans cesser de nous faire des choses, de nous exciter par un verbiage mi-libre mi-codé, nous nous installons devant l’ordi. La baise, quand on n’est pas intime, a besoin de codes. C’est un genre artistique véridique.
Cinéma. Théâtre. Peinture. De genre.
21h10. J’ouvre la porte de mon appartement en rez-de-chaussée. Deux yeux bleus.
Je le laisse entrer. Je me rassieds sur le matelas, au sol. Longtemps, je n’ai pas eu de lit. Lui se déshabille. Intérieurement, je ris de son vieux slip gris. Informe. De chez Tati, peut-être. Je n’oserais pas. Lui, apparemment, il s’en fiche. C’est culotté pour un gay.
Lui et moi, on saute le Jean-François. Il y a de l’acrobatie dans l’air. Et des saloperies.
Nous nous embrassons. Cessons d’être connectés à l’autre. Délaissons la passive.
Il finira par faire la gueule. Partira.
Nous venons de nous rencontrer. Vlady et moi.
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