Sept ans que je traduis des trucs. L’activité m’a émancipé de la part la plus venimeuse de la vie sociale. Le professionnel. Le pointer à heure fixe. Le clouage sur chaise à peine ergonomique. Le flicage. L’ennui. Qu’est-ce que j’ai pu m’emmerder !
Travailler en slibard, me tripoter si l’envie m’en prend, le faire en musique, me doucher à midi, ça, c’est logique. Bout de Chou ronronnant dans le pli de mon coude droit. Parfois calée sur mon avant-bras. Ne laissant que la main de libre pour taper sur le clavier.
Les instances hiérarchiques me sont contre-indiquées. L’infantilisation, enfant, me révoltait. Adulte, ça fiche en l’air. Il n’est pire gens de pouvoir que les nabots.
Suis dilettante en tout, autodidacte en pas mal de choses. Ventral. C’est avec bestialité que j’aborde mes tâches. Traduire devient aussitôt jubilation toute masculine. Et ludique.
La quête du terme exact m’éclate.
Oh, mes travaux sont rarement passionnants. Mais je suis bon à ce jeu. Quand bien même les clients ont pour tâche de me payer le moins possible, me confier les délais les moins tenables et ne me produire que textes sans contexte.
Changer une ampoule est pour ma constitution peu technico-compatible une gageure. Ouais, mais suis dorénavant expert en guides d’utilisation de machines. Traduire de la sorte, c’est genre algorithmique.
Pas franchement de la poïésie.
Ma santé mentale est fragile. Incapable de ne pas me rendre malade de mes propres erreurs, j’endosse celles d’autrui au passage. Cela me boxe les entrailles. Me provoque de douloureuses envies de vomir. La paperasse n’aide pas. La solitude. Je tangue.
Suis bileux. Les autres m’handicapent.
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