Gorges de la Dourbie. Laumet. Spot d’escalade à quelque cinquante mètres au-dessus de la départementale. On y accède par une absence de sentier. Sur sol friable, au cœur de la broussaille.
Nœud en huit, je m’encorde.
Thibault a pris l’habitude de m’emmener grimper. L’expérience est certes sportive, et de ce point de vue déjà assez étonnante, mais surtout érotico-mystique. J’ai besoin de sens. Je n’agis qu’en exhumant le sémantique de la nature du monde.
La paroi s’offre, dénuée de complexes. Elle ne minaude pas, elle est. Disponible. Pas bégueule. Pas niaiseuse. Puissante.
Vlady prend des cours de conduite. Il n’a pas pu venir.
Mon Leto m’attend au pied de la voie. Il lève la tête. Censé ne pas bouger de là, en réalité il finit par aller fureter. Disparaît. Je ne me rends compte de rien. Jusqu’à ce que mes pieds retouchent terre.
Je m’inquiète. Appelle. Appelle.
Appelle.
Le voici qui reparaît. Fier et heureux. Il est le plus beau des chiens.
Je l’ignore encore, mais il s’est livré à une véritable escapade. Descendu jusqu’à la rivière en contrebas. Il a traversé la route en un sens, puis dans l’autre. Tout à l’heure, je l’apprendrai de la bouche de mon homme.
Le chaos a encore bien fait les choses !
Le moniteur de l’auto-école ayant décidé de prendre la route qui mène de Millau à La Roque-Sainte-Marguerite, Vlady est passé là juste au moment où notre chien traversait la chaussée. Pour s’enfoncer aussitôt au milieu de la végétation afin de me rejoindre.
Durant ce temps, je me suis concentré sur la probation de ma peau, de mes muscles, mes pointes de pied, mes bouts de doigts. Sur mon intimité avec Thibault. Hasard. Coïncidence.
Notre life.
L’odeur du thym.
Mon chien n’est pas personne.
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