Vautré sous toit, quasi au sol. Matelas à ras. Ma cartographie intra muros se ratatine. Le dehors se condense en une très ridicule fenêtre, dotée de barreaux, à ma gauche. Par laquelle je vérifie si le nouveau voisin ne serait pas nu. Par hasard. Je ne me referai pas. Serai toujours déçu du peu d’imagination de mes contemporains.
Le velux, de temps à autre, se fait piétiner par les pigeons.
Des araignées pendouillent un peu partout. Je les ignore. Me concevoir encore à taille et forme humaine n’est plus possible. L’hypothèse de moi en immonde, fin de monde, gagne du terrain.
Assurément la plus sérieuse.
Me contente d’être et de suivre le protocole d’urgence.
Quand s’invite la pandémie, je suis prêt. Cela fait des semaines que je ne quitte plus la chambre. Je n’écris plus. Ne travaille qu’à peine. Toute forme de communication me corrode.
Ma seule topologie encore opérationnelle est le sexe.
De rares mecs. Grindr qui déçoit. Trop propre. Une ou deux partouzes, pas plus. Nous sommes en province. C’est peu. Le sevrage passe mal. Comme un traitement médical dont on me priverait. Vlady et moi sommes les petites mains de notre couple. La baise y est maladroite. Le lien vient de ce que nous nous y cherchons. Le fist fucking devient soin de mon âme. Le travail de l’anus est reconnaissable à ses vertus thérapeutiques.
Performance artistique. Expérience olympienne. Façons de yogi.
Les scènes sont composées. Essoufflement. Prudence. Rudesse. Succession de sphincters. Amorale comme un Caspar David Friedrich. Téléchargements de porn en sus.
Sensation anthropophagocytant toute angoisse.
Mon naufrage se dessine à bas bruit. Je me travelote.
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