Rupture on Vulture culture

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RUPTURE ON VULTURE CULTURE [ˈʁʌp.tʃə ɒn ˈvʌl.tʃə ˈkʌl.tʃə] — loc. nom. f. De l’anglais rupture (« rupture »), on (« dans le cadre de »), vulture (« vautour ») et culture (« culture »). Rupture relationnelle advenue dans un contexte de prédation sociale, quand rumeurs, reprises et commentaires en constituent l’origine. Par extension : disqualification intime d’un sujet exposé et interprété par autrui, perdant prise sur son propre récit.

Je me lève. Depuis le début de la seconde, je connais l’emploi du temps d’Anthony, de sorte à passer le chercher. La porte est fermée. Peut-être est-il malade ? Non, j’aperçois sa silhouette à cent cinquante mètres de moi. Je ne suis pourtant pas en retard. Ok, je cavale.

Quand j’arrive à sa hauteur, il ne me répond rien. Je me répète. Il ne desserre pas les lèvres. Je passe la demi-heure entre notre endroit et l’entrée du lycée à tenter de lui faire dire ce qui ne va pas. Je n’obtiens longtemps pas grand-chose.

Et ce qui me tombe soudain dessus, quand il se résout à parler — je ne lâche pas — est de type écossais en version douche. La réplique est si rude que je suis incapable de la transcrire. Les miettes de moi répugnent à retenir l’instant. Peut-être me reproche-t-il d’être pédé, mais ne le sait-il pas depuis longtemps ? Peut-être m’en veut-il de m’en être ouvert à David ? Je ne sais plus. Je crois bien qu’il soit envisageable que mon tort se résume à avoir laissé penser aux sorcières qu’il en était, lui aussi. Alors que non, puisque je me désespérais depuis des années de son mutisme. Toujours est-il que j’ai fauté.

Ou non. Mais qu’est-ce que cela change ?

Moi qui suis un liant incorrigible, j’ai tenu à unir en un même cénacle mes diverses connaissances. J’ai même été heureux qu’ils s’entendent, et voilà que je découvre que les deux sorcières et le David ont été caqueter je ne sais quoi qui illico me dissout dans le chlorhydrique. Ne suis plus qu’une plaie sans contours.

Tout ce qui reste de lycée à Anthony, il va le passer à m’ignorer.

Vacances de Pâques. Direction le Lavandou. À l’arrière du camping-car, j’ai mis le walkman. J’écoute Les Fleurs du mal. Pleure.

« Si tu ne m’aimes plus, apprends, comme les enfants à faire semblant. »

C’est Steph de Monac’. Le lien à Anthony a toujours été pas mal Top 50. La chanson, n’importe quelle chanson peut dire tant de nos propres moments. Rien à mépriser là.

Tout est toujours du grand art. M’en cogne. Je chiale.

Sombre.

Parenthèse où je ne parviens plus à supporter les humiliations de la maison. Je brise quelque vaisselle sur les murs. Fais voler des chaises à travers la cuisine.

Alan Parsons Project.

« We live our separate lives
And go our different ways
Cause we don’t see eye to eye
And we can’t stand face to face »

Dès lors, je suis un type qu’on balance-ton-porchie. Car sodomite. Car queutard. Car phallique. Pas secret. Un MeToo eût été de bonne guerre pour m’isoler version protégeons la vertu.

Je tiendrai. Ou m’en ficherai une dans le buffet. Suis borné s’il le faut.

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