J’ai enfilé mon futal style baggy en jean. Absence de fond de culotte. C’est déchiré. L’hiver m’indique de porter un pullover en grosses mailles noires et d’une longueur qui pourrait amener à le qualifier de mini-robe.
C’est ainsi qu’en compagnie de Martial, je traverse Paris — Dugommier-Nation, Nation-Tuileries — les fesses en exhibition mensongère. Quiconque ne fait attention n’y voit que dalle ; les autres doivent être tout de même sacrément observateurs.
Rue de la Sourdière. Le Transfert. Un haut lieu de l’aristocratie du bareback. Un sling expose son gay. Ça queute à tire-larigot. Personne ne songe au caoutchouc, et ça fout la paix. Agrippé aux barreaux version cages, je donne à mon mec le plaisir de me mater en plein foutrage. Cul et gueule s’en foutent. Telle est ma nouvelle vie et en suis aux anges, quand bien même déchus. Selon moi, pas. Ceux-là ressemblent en ma sotte de tête à l’ange de Cabanel, pourtant bel et bien chu. Mais ok, pas à mes yeux.
Dans la pièce attenante, des mecs se pissent dessus.
J’ai, du fond de ma porcherie inhérente et ludique, quelques déchets d’hygiénisme. Je n’ai pas les couilles de repartir odoriférant. Dommage. Ça s’amuse pas mal. Moi aussi, mais c’est comme à l’école quand je regardais les autres mettre en commun ce que je ne pouvais moi-même partager. Bon. C’est la vie.
Le sophistiqué et raffiné de l’endroit tient à la gentillesse des braquemarts n’ostracisant oncques fois le moindre orifice laissé orphelin. Les gars sont souriants. Ce qui, fort honnêtement, est loin d’être la règle dans les bordels de mauviettes considérant déjà rien que le fait d’être « gay », comme elles disent, comme un haut signe de perversion.
Ne demandez jamais à un mec qui veut un plan s’il est pervers, faites-lui préciser. Une fois sur trois, il répondra qu’il adore vous traiter de salope, une fois sur trois qu’il se fait sodomiser. Il ne reste donc qu’un tiers de chance qu’il énonce un habitus un peu kinky.
Mais sur ce dernier tiers, une part aura exagéré, une autre se dévoilera monomaniaque et le reste uniquement sera à votre hauteur. Sauf qu’alors il faut qu’intervienne la chose la moins maîtrisable qui soit : le feeling.
Cette nuit, nous rentrons avec le tout premier métro. Un filet de sperme…
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