La disparition de Samba ouvre une nécessité de vivre encore. Notre chez nous doit s’offrir.
J’entame un long trajet en RER. Me rends chez une recueilleuse de félin. Qui me fait entendre avec douceur sa misanthropie toute politique. Je repartirai avec un sac entier qu’elle m’aura gentiment tendu, plein de jouets et de nourriture. Elle déborde. Mieux vaut ne pas être bipède, c’est tout. Son pavillon de lotissement ressemble à une forêt d’arbres à chats. Ça sent l’urine, la vieille et la bonté. Malgré tout.
Dans son garage, les cages sont vides. Deux frères s’ennuient. L’un noir, l’autre noir et blanc. Je ne voulais pas. Samba portait le même genre de livrée. J’adopte les deux. La dame est enchantée. Il est si difficile de caser les chats noirs.
Le retour est pénible. Je n’aime pas la banlieue. Ni le RER. Ni l’idée de ne pas déjà être à la maison. Les félins ensemble pèsent lourds.
Matamore, le noir, gagne son nom par sa hâte à découvrir notre tout mini lieu de vie. L’autre frangin est plus précautionneux. Je trouve que Chérubin lui irait bien. Il me paraît pas si mâle que ça. Sans doute, à cause de Samba. Nous apprendrons d’ailleurs bientôt qu’apparemment ce chat était trans. C’est une femelle. C’est.
Ma Bout de Chou.
Notre Chti Pépère, lui, hélas, décédera deux ans plus. Bout de Chou devient alors notre doyenne. Mon alter ego. Nous nous comprenons. Sans mots.
Elle n’aime pas les misanthropes. Pour sûr.
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