Mes écrits sont façonnés de lois et contre-lois. La friction fonde l’entente.
Le chemin part du Caylar, où le car nous a déposés. Sur le bas-côté de la route, nous nous en éloignons jusqu’au moment de plonger dans l’ombre d’un buisson sur une portion de chemin menant, après quelques mètres, à un modeste chaos rocheux.
La dolomie compose des œuvres. Se range d’elle-même du côté des disciplines artistiques modernes ou contemporains. Me fait appréhender de nouvelle manière combien la façon d’un Kandinsky ou d’un Mondrian n’a décidément rien de la non-figuration.
Concrétions, surrections, strates, effondrements. Érosion.
Le sol du Larzac fait surgir ce qui n’a ensuite besoin que de l’œil humain pour advenir. Les plats et dénivelés partagent avec les eaux-fortes l’accident et la précision. Les arbrisseaux secs arrachent aux marcheurs quelques cellules épithéliales.
Des onomatopées, des rires.
Nous parcourons six kilomètres. Les moteurs automobiles semblent suivre à distance. Un temps. Le vent les voue peu à peu au néant. Les temporalités en tous genres cessent soudain de nous tourmenter. Ne restent que les brebis. Le buis. Quelques essences feuillues.
Et, loin là-bas, l’Aigoual. Les Cévennes.
La marche est facile. Nous avons de bonnes chaussures. Grimpons. Dévalons, réascensionnons.
La terre est rouge. Les pierres roulent.
Au sommet d’une colline, la Couvertoirade. Enfin. Le chemin qui plonge vers elle prend l’allure d’un pierrier, le long de murets effondrés. Des mûriers se proposent. C’est la saison. Nous marquons une pause. Les Templiers hantent le causse.
Je suis un pèlerin. Et le village fortifié ne montre aucun signe distinctif de notre époque.
Les ailes du moulin du Rédounel, à l’écart, pourraient bien tourner.
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