Neuf heures bientôt ; descendus du bus Millau-Saint-Affrique à l’instant ; temps à tuer. Cette ville est moche. Vlady et moi nous préparons à déguster un piètre café au soleil d’une terrasse routinière. La sonnerie de mon téléphone interrompt la traversée du square censée nous y mener.
Nous venons à Saint-Aff pour un accompagnement à la création de projet pro. Un café associatif plus politisé qu’il ne le faudrait, à mon goût. Nous espérions une capacité à l’underground. C’est raté. Pas grave. Les gens y sont pour quelques-uns très sympas.
Je décroche.
La voix d’une employée de la mairie de Millau, chargée de mon changement d’état civil annonce que la demande sera acceptée.
Ce 24 juillet s’inefface d’un mot.
Une pierre blanche, « et sur cette pierre est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, sinon celui qui le reçoit. » Barthélémy. Livre de l’Apocalypse. Réappropriation du seul mode d’identité qui me soit admissible : l’état civil. Ce drôle de QR-code m’instaurant citoyen. « Suis » désormais avatar néoqueer de mon apôtre. Écorché. La peau, la reliure. Absence d’histoire. Omniprésence de l’Histoire. Ouais !
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