Östereichische mich

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ÖSTEREICHISCHE MICH [ˈøːstəʁaɪ̯çɪʃə mɪç] — loc. nom. f. De l’allemand österreichisch (« autrichien ») et mich (« moi »). Expérience de première pénétration anale gay dans un contexte germaniste. Par extension : moment où intensité sexuelle et germanophilie s’unissent pour faire vivre au sujet un moment inoubliable de révélation charnelle.

Qui s’étonnera que ce soit là-bas que je sois devenue une femme ?

Je ne suis pas si précoce. Il aura fallu attendre mes vingt ans.

Munich n’est pas généreuse en sex-shops. La quête de ce genre d’endroit autour de la Hauptbahnhof ne donne aucun résultat. Les infos ne sont pas aisées à trouver. La gare, bon, ben, ce n’est pas là.

Le Englischer Garten voit, de jour, des gens se dénuder. J’espère que ça y baise la nuit. Je ne trouve rien. Pas un seul buisson empli de verges rudes. Pas une âme à négocier.

Mon hasard s’épuise. Enfin, un porche, des enseignes, une boutique. VHS X et autres breloques à se ficher dans les orifices. Sans grande envie de cabine, je déploie mon meilleur allemand, une question pragmatique : où trouver putes et pédés ?

Huren oder Schwulen. Wo kann ich…

Le gérant m’indique, en face, un ciné X à salles pleines d’hommes.

Allerlei Männer.

Déambulation. Exhibition. Entremasturbations. Fellations. Déambulation.

Un beau gars veut me sortir de là. Pour me sauter tranquille. Je suis. Sa voiture est garée près de là. L’un et l’autre sommes étrangers. Lui, selon moi, moins, puisque autrichien. Nous n’avons pas de pied-à-terre où nous rouler dans des draps.

Il conduit. Nous parlons.

Je m’ouvre à lui de mon bonheur d’avoir hommes, femmes et enfants à poil en un milieu urbain. En France, la FKK se parque. Lui aussi hausse les épaules. Na und ? Je ris.

Il connaît Mylène Farmer. Et aussi : Voilà l’été. Tube du moment.

N’arrête pas de s’arrêter. Sur les parkings qu’il trouve. Aucun ne me convient. Mon corps vu depuis moi ressemble à une cosmogonie réaliste. Frappé de millions de météorites. Magma irradiant. Bouillonnement. Bulles de lave.

Je décrète qu’il faut que je repasse au camping. Il faut que je chie.

Préoccupation légitime. Dernière station. Après cela, le premier endroit venu ni trop noir ni trop exposé fait l’affaire. Il sort et contourne l’auto. Ouvre la portière de mon côté. Recule mon siège. Se cale entre celui-ci et le tableau de bord. Se déboutonne.

Sa bosse sent bon.

L’objet de mon désir. La mise à nu du sien. Je tète. Elle est parfaite. Il est mâle. Me parle en allemand avec son accent de forêt viennoise. Prend son temps. Me doigte.

Salive.

L’objet de mon désir. La mise à nu du sien. Je tète. Elle est parfaite. Il est mâle. Me parle en allemand avec son accent de forêt viennoise. Prend son temps. Doigte. Salive. M’ôte les vêtements du bas.

Me chope les pattes, me les rabat par-dessus tête. Indique ses épaules. Tandis que le gland se familiarise. Je sais. Je halète. Il tapote. Inflige une légère pression. Pénètre. Doucement. Mais sans permission. Ses yeux disent de laisser faire. Je suis docile.

J’ai un peu mal. Son regard droit me dilate. Il a mis une capote.

Une fois le tiers de son membre en moi, il marque une pause. Scrute ma béatitude. Léger coup de rein. Je cède à tout. N’aurais pas osé concevoir que ce soit bon à ce point.

Mon anus. Mon cul. Je comprends. Mon corps. Mes globes sont humides. Alors, il m’encule vraiment. Je n’aurais pu rêver meilleur partenaire, meilleure circonstance, meilleur espace pour ça.

Comment se penser homme sans s’être jamais offert ?

Une femelle, donc un homme. Les autres sont des pucelles qui ont peur du loup.

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