Vingt-neuvième lettre à l’Éléphant

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Cher Éléphant,

« Pour moi, il n’y a pas de putes. Pour moi, une fille qui se fait baiser par n’importe qui, qui se fait baiser n’importe comment, n’est pas une pute. Pour moi il n’y a pas de putes, c’est tout. Tu peux sucer n’importe qui, et peux te faire baiser par n’importe qui, tu n’es pas une pute. »

L’un des dia-monologues les plus… les plus ouahou du cinéma. Véronika.

Je le connais pour l’avoir écouté en boucle dans sa version mise en musique de Diabologum.

Il agit sur mon épaisseur toujours à nouveau, comme la Je suis à prendre ou à laisser que chante Jeanne Moreau. La chanson et les mots du film me tirent ma substance pour me la présenter de manière abrupte. Je tremble et défibrille de les entendre.

Éléphant, je veux que nous nous trouvions une femme intelligente.

Une de cette espèce pour mater le film à trois dans un grand lit. Puis en faire ce que nous voudrons. De ce temps arraché à l’ennui.

As-tu vu Un homme qui dort ? C’est d’après Perec.

Certains films ne sont aimables qu’à condition d’accepter l’ennui. Eustache fait ce genre de ciné. Le pire, après l’ennui, est de réaliser que l’expérience est tout sauf emmerdante.

Je crois à l’ennui.
Ton B†Lemy XXX
La Maman et la Putain — Jean Eustache, 1973. Film dramatique, 210 min. France. Production : Les Films du Losange. Avec Jean-Pierre Léaud, Bernadette Lafont, Françoise Lebrun.

Accéder aux 441 vignettes de Processus de fabrication d’une éponge



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