Cher Éléphant,
Que dire ?
Que, putain, faut une sacrée paire de baloches pour soigner autant l’esthétique d’un film sur l’univers concentrationnaire nazi. L’esthétique s’avère souvent très sérieuse alliée.
L’art — et ici le cinéma — sont des forces incroyables pour « dire ».
Depuis petit, j’ai toujours entendu prétendre qu’on ne pouvait pas savoir, pas imaginer. Puis pas montrer. Pas dire, tout simplement. Quand j’avais quelque chose comme huit ans, la Seconde guerre mondiale était une guerre comme une autre, mais plus près de nous, et plus mondiale. Petit à petit, j’ai entendu parler de déportés. Je crois que je n’en finis pas de découvrir que, de toute ma vie, je ne pourrais jamais — même si matériellement possible — lire le témoignage de chacun d’entre ces déportés, mais surtout exterminés.
La déportation, c’était le mot des nazis, non ?
Interessengebiet. Je me suis renseigné : limite, ils auraient pu dire zone industrielle.
Je ne ris pas, là. J’en reviens à la « beauté » du film. Elle est celle de l’ordinaire aussi d’Arendt. Je ne parle pas de Höss. Mais des personnages qui, gravitant autour de lui, vivent la plus jolie des vies banales. Et je crois que Glazer parvient très bien à montrer comment chacun, quel que soit son rôle, parvient à se faire à vivre si proches de l’Enfer.
Capacité à ne pas voir, les yeux ouverts.
Bébé, j’ai trop lu d’ouvrages sur le sujet pour encore m’étonner de ne pas avoir envisagé déjà tel ou tel aspect de l’histoire. La question du film, je me l’étais posée. Curieusement, j’imaginais toujours les commandants et autres responsables nazis venir « au travail » sans leurs familles.
Que dire ?
Que, putain, faut une sacrée paire de baloches pour soigner autant l’esthétique d’un film sur l’univers concentrationnaire nazi. L’esthétique s’avère souvent très sérieuse alliée.
L’art — et ici le cinéma — sont des forces incroyables pour « dire ».
Depuis petit, j’ai toujours entendu prétendre qu’on ne pouvait pas savoir, pas imaginer. Puis pas montrer. Pas dire, tout simplement. Quand j’avais quelque chose comme huit ans, la Seconde guerre mondiale était une guerre comme une autre, mais plus près de nous, et plus mondiale. Petit à petit, j’ai entendu parler de déportés. Je crois que je n’en finis pas de découvrir que, de toute ma vie, je ne pourrais jamais — même si matériellement possible — lire le témoignage de chacun d’entre ces déportés, mais surtout exterminés.
La déportation, c’était le mot des nazis, non ?
Interessengebiet. Je me suis renseigné : limite, ils auraient pu dire zone industrielle.
Je ne ris pas, là. J’en reviens à la « beauté » du film. Elle est celle de l’ordinaire aussi d’Arendt. Je ne parle pas de Höss. Mais des personnages qui, gravitant autour de lui, vivent la plus jolie des vies banales. Et je crois que Glazer parvient très bien à montrer comment chacun, quel que soit son rôle, parvient à se faire à vivre si proches de l’Enfer.
Capacité à ne pas voir, les yeux ouverts.
Bébé, j’ai trop lu d’ouvrages sur le sujet pour encore m’étonner de ne pas avoir envisagé déjà tel ou tel aspect de l’histoire. La question du film, je me l’étais posée. Curieusement, j’imaginais toujours les commandants et autres responsables nazis venir « au travail » sans leurs familles.
Ton B†Lemy XXX
La Zone d’intérêt — Jonathan Glazer (1965–), 2023. Drame historique, 105 min. Royaume-Uni, Pologne, États-Unis.
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