Thibault me manque. Leto est resté à la maison. Nous débarquons à Barcelone.
Plaza de Cataluña. 6 juillet 2019. Au cœur de cet espace populeux, je reste en marge. Mon mal n’est pas la foule. Le battement d’une grande ville est familier. Dès lors qu’ordinaire. Les Ramblas. Des kiosques. Un marché couvert. J’aimerais pouvoir passer plus de temps.
Exils internes. Je me crée un Heimat où j’en éprouve une nécessité. Des chez moi qui me correspondent. Cela surgit. Je peux adopter des ares et acres dont je ne suis en rien propriétaire. Évidemment. Aucun désir de possession. Seulement me fondre. Envie d’absorption maximale.
Kraftwerk livre ce soir une performance aux jardins del Palau Reial de Pedralbes.
Nous nous engouffrons dans le métro. Réapparaissons à l’heure où le soleil décline sur l’Avinguda Diagonal. Le ciel est en même temps menaçant. Averses. Bourrasques. Chatoiement de feux rouges et blancs d’automobiles. Les pneumatiques sur le bitume susurrent le quotidien en espagnol. Comme à chaque fois que j’adopte un espace urbain, j’ai une douleur. Celle de n’y pas appartenir en entier. Nous avons fait le déplacement pour le concert du quatuor de Düsseldorf.
Ceux-là, bien avant que je ne puisse le réaliser, ont d’abord préfiguré mon amour de l’électro. Puis, et ce n’est pas rien, m’ont aidé à tracer frontières entre la noirceur des-parents et moi. Alors que personne ne semblait vouloir songer qu’ils pussent être ce qu’ils étaient.
Trans Europa Express.
Je passe un moment hors du temps. Inscrit dans un sol. Danse.
Accéder aux 441 vignettes de Processus de fabrication d’une éponge
En savoir plus sur RENAISSANCE ATELIER
Subscribe to get the latest posts sent to your email.