Cher Éléphant,
Putain, si l’on m’avait dit un jour que je me sentirais une âme de passionnaria…
Là, je sais qu’avec toi je marche sur du velours. Tu aimes la nuance, tu es intelligent et, comme moi, éprouves le réel comme une chose à ne pas enterrer. Aussi dérangée soit l’époque.
J’ai vu le film dans un cycle de ciné d’auteurs gay. Je ne l’avais pas trouvé en soi de mon genre. Avec mon irrépressible besoin d’esthétique. Trop prosaïque. Trop pas assez filmé.
Je vivais encore avec l’illusion que nous allions vers.
Toujours plus de libéralité. D’appréhension du concret. Sans fausses pudeurs de donzelles.
Aujourd’hui, ben, purée…
Ce réalisateur a toute mon estime. Digne d’être honoré. Il se risque aux vindictes mégériales. Pour dire le vrai des corps. Le vrai, donc, de nos animae. Ici, la sexualité de ceux qui n’en ont pas encore. Si j’ose le formuler avec cette fausseté triomphale que les imbéciles affectionnent.
Le nu a désormais un âge. Le sexe aussi. Sauf s’il s’agit d’empêcher le pubère de pousser.
Ah ben ouais. Carrément. Et forcément.
Le pire de notre époque est cette guerre larvée faite au charnel au nom d’une morale plus abjecte que celle du bon vieux temps des bulles pontifiantes d’antan. L’Église catholique, elle-même, n’a jamais été aussi rétrograde que ce vingt-et-unième siècle.
Ok, ok, je lance ça à la volée, sans la rigueur qu’il faudrait y mettre.
C’est à la hauteur de mon angoisse face aux censeurs.
Car aujourd’hui, c’est d’un côté Michu, de l’autre les empires économiques se pliant ce qu’il faut pour satisfaire la Michu. Plus de clergé. Plus de ministres républicains.
Non. La ménagère et ce qu’elle achète.
Chéri, est-ce normal que je me sente gauchiste, alors que précisément ce sont eux le problème, ici ? Est-ce normal ?
Putain, si l’on m’avait dit un jour que je me sentirais une âme de passionnaria…
Là, je sais qu’avec toi je marche sur du velours. Tu aimes la nuance, tu es intelligent et, comme moi, éprouves le réel comme une chose à ne pas enterrer. Aussi dérangée soit l’époque.
J’ai vu le film dans un cycle de ciné d’auteurs gay. Je ne l’avais pas trouvé en soi de mon genre. Avec mon irrépressible besoin d’esthétique. Trop prosaïque. Trop pas assez filmé.
Je vivais encore avec l’illusion que nous allions vers.
Toujours plus de libéralité. D’appréhension du concret. Sans fausses pudeurs de donzelles.
Aujourd’hui, ben, purée…
Ce réalisateur a toute mon estime. Digne d’être honoré. Il se risque aux vindictes mégériales. Pour dire le vrai des corps. Le vrai, donc, de nos animae. Ici, la sexualité de ceux qui n’en ont pas encore. Si j’ose le formuler avec cette fausseté triomphale que les imbéciles affectionnent.
Le nu a désormais un âge. Le sexe aussi. Sauf s’il s’agit d’empêcher le pubère de pousser.
Ah ben ouais. Carrément. Et forcément.
Le pire de notre époque est cette guerre larvée faite au charnel au nom d’une morale plus abjecte que celle du bon vieux temps des bulles pontifiantes d’antan. L’Église catholique, elle-même, n’a jamais été aussi rétrograde que ce vingt-et-unième siècle.
Ok, ok, je lance ça à la volée, sans la rigueur qu’il faudrait y mettre.
C’est à la hauteur de mon angoisse face aux censeurs.
Car aujourd’hui, c’est d’un côté Michu, de l’autre les empires économiques se pliant ce qu’il faut pour satisfaire la Michu. Plus de clergé. Plus de ministres républicains.
Non. La ménagère et ce qu’elle achète.
Chéri, est-ce normal que je me sente gauchiste, alors que précisément ce sont eux le problème, ici ? Est-ce normal ?
Ton B†Lemy XXX
Mon copain Rachid, Philippe Barassat (né en 1963) — France, 1998. Couleurs, 19 min. Avec Jonathan Reyes, Nordine Mezahche, Mathieu Demy. Production : La Vie est Belle.
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