Cher Éléphant,
La taille compte. Évidemment. Tu ne diras pas le contraire. Et pas à moi.
Le drôle dans l’affaire est l’idée qu’un bel engin n’ajoute rien à son phallophore.
Mais je crois que l’on se méprend fort de la signification de ce désir de protubérances monstrueuses. Rien à voir avec je ne sais quel patriarcat. Du tout. Rien. J’adorerais aussi me baigner en un vorace et vaste vagin. Ne le vois guère sans puissance propre. Le préjugé est fondé sur du préjugé plus pur encore. Me semble-t-il.
La disproportion chimérique agit en un mode qui relève du sacré. Notre esprit investit les organes génitaux de tout ce qui, en nos pulsions, nous dépasse. Une animalité fascinante, parfois inquiétante. Un début de surhumanité. De transhumanisme avant sa lettre, si je peux dire. Une tension au divin. Une propension à la mue improbable.
L’élévation phallique n’a rien à fiche avec les rodomontades des coqs de basse-cour.
Elle est corps aspirant au céleste — la vulve est béance en tellurie. Rien qui ne la soumette.
Le céleste est-il plus je-ne-sais-quoi que le souterrain ? Plus visible. Plus accessible. Peut-être. Aucun départ cependant de quelconques axiologies issues de la forme. Absurde que ce type de bigoteries, je le dis : rabougries. Ratatinées. Pauvres. Qui (r)abaisse nos entre-cuisses.
Nos lointains ancêtres possédaient ce que nous percevons comme naïvetés — ce que nous avons perdu. De vue. Que nous ne devrions guère mésestimer.
Moi, j’ai l’adoration des sexes.
La taille compte. Évidemment. Tu ne diras pas le contraire. Et pas à moi.
Le drôle dans l’affaire est l’idée qu’un bel engin n’ajoute rien à son phallophore.
Mais je crois que l’on se méprend fort de la signification de ce désir de protubérances monstrueuses. Rien à voir avec je ne sais quel patriarcat. Du tout. Rien. J’adorerais aussi me baigner en un vorace et vaste vagin. Ne le vois guère sans puissance propre. Le préjugé est fondé sur du préjugé plus pur encore. Me semble-t-il.
La disproportion chimérique agit en un mode qui relève du sacré. Notre esprit investit les organes génitaux de tout ce qui, en nos pulsions, nous dépasse. Une animalité fascinante, parfois inquiétante. Un début de surhumanité. De transhumanisme avant sa lettre, si je peux dire. Une tension au divin. Une propension à la mue improbable.
L’élévation phallique n’a rien à fiche avec les rodomontades des coqs de basse-cour.
Elle est corps aspirant au céleste — la vulve est béance en tellurie. Rien qui ne la soumette.
Le céleste est-il plus je-ne-sais-quoi que le souterrain ? Plus visible. Plus accessible. Peut-être. Aucun départ cependant de quelconques axiologies issues de la forme. Absurde que ce type de bigoteries, je le dis : rabougries. Ratatinées. Pauvres. Qui (r)abaisse nos entre-cuisses.
Nos lointains ancêtres possédaient ce que nous percevons comme naïvetés — ce que nous avons perdu. De vue. Que nous ne devrions guère mésestimer.
Moi, j’ai l’adoration des sexes.
Ton B†Lemy XXX
Monument chorégique de Karystios (dit “oiseau-phallus”) et base à reliefs. Art hellénistique, fin IVe – début IIIe s. av. J.-C. Marbre. Associé à l’autel de Dionysos (Stoibadeion), Délos, Grèce. Phallos sommital non conservé (restitution moderne sur site)
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